

Aujourd’hui, nous mettons en lumière Antoine Radiguet et un parcours professionnel qui illustre parfaitement comment la progression vient souvent davantage de la curiosité que de la planification. De développeur logiciel à scrum master, puis transformation manager, Antoine a saisi les opportunités au fil de leur apparition, porté par son goût pour la résolution de problèmes, sa passion pour la collaboration et son envie constante d’améliorer la manière dont les équipes travaillent ensemble. Dans cet épisode, il partage les moments clés qui ont façonné son chemin, ce que le passage à un périmètre plus large a réellement changé pour lui et l’état d’esprit qui l’a aidé à transformer un changement de poste en une vraie étape en avant.
[Sonia Jagourel] Vous avez commencé votre carrière comme software engineer, puis scrum master et vous êtes aujourd’hui transformation manager. Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?
Je n’avais rien planifié. Honnêtement, je ne savais pas vraiment où j’allais. Je suis devenu développeur parce que, pendant mes études, je me suis rendu compte que j’adorais résoudre des problèmes et travailler sur des algorithmes.
Antoine Radiguet
[Antoine Radiguet] J’ai découvert l’Agile plus tard, quelques années après le début de ma carrière, après avoir surtout travaillé seul sur des projets. Ensuite, j’ai rejoint une mission avec des scrum masters et ça a été un vrai tournant. J’ai toujours aimé la collaboration et le fait de poser les bonnes questions pour améliorer notre façon de travailler ensemble. À un moment, j’ai eu l’opportunité de remplacer le scrum master de mon équipe, j’ai animé ma toute première rétrospective, et ça m’a directement plongé dans le grand bain. J’aimais aussi le fait que dans la tech, on peut évoluer vers de nouveaux rôles sans être enfermé dans une trajectoire unique. J’ai donc saisi ma première opportunité de scrum master et j’ai changé de rôle en cours de mission, en me disant que je pourrais toujours revenir au développement si je le souhaitais. Quand j’ai rejoint Believe, il y a deux ans, les discussions sur le passage à l’échelle de l’agilité sont arrivées très vite, et on m’a naturellement proposé un poste de transformation manager, en passant d’un périmètre d’équipe à un périmètre global organisationnel. C’était une découverte totale, et j’ai finalement beaucoup aimé.
[Sonia Jagourel] Qu’est-ce qui vous a motivé à prendre ce poste de transformation manager ?
[Antoine Radiguet] J’ai toujours aimé explorer les sujets, creuser, et me demander : comment ça pourrait fonctionner non seulement dans mon équipe, mais aussi dans d’autres équipes ? Chez Believe, on fonctionne en tribes, donc c’est assez naturel d’appliquer de bonnes pratiques dans une tribe et d’aider à les diffuser. C’est très gratifiant parce que l’impact touche plus de personnes. Mais c’est aussi un autre niveau de défis : ça demande plus de recul et un état d’esprit différent. J’aime aussi beaucoup rencontrer des personnes avec des expertises variées : ce rôle est très transverse et me permet de travailler avec beaucoup d’experts métiers et spécialistes de domaines.
[Sonia Jagourel] Comment s’est passée pour vous la transition entre scrum master et transformation manager ?
[Antoine Radiguet] La transition en elle-même s’est bien passée, mais le vrai changement, c’était la posture. En tant que scrum master, tout est structuré, rythmé par les rituels, très organisé. En tant que transformation manager, le rythme se rapproche de ce que j’ai connu comme développeur : il y a des projets, des tâches à réaliser et on délivre progressivement dans le temps. La différence, c’est que je suis beaucoup plus autonome dans la manière d’organiser mon travail et d’aborder les sujets. Mais j’ai toujours Jira et des tickets assignés, donc d’une certaine façon, ça a été un retour “dans le passé”… avec un périmètre complètement différent.
[Sonia Jagourel] Avec le recul, quels ont été vos plus grands défis et comment les avez-vous surmontés ?
[Antoine Radiguet] Le plus grand défi, ça a été d’apprendre à prendre du recul. En tant que scrum master, on est immergé dans le quotidien d’une équipe et dans ses problématiques jour après jour. En tant que transformation manager, il faut réfléchir plus loin dans le temps, parce qu’on cherche à construire des changements profonds et durables à l’échelle de l’organisation. Tout devient plus grand : il faut du temps pour expliquer clairement les attentes, être pédagogue, et convaincre les gens de s’engager dans la démarche. Il faut aussi introduire les sujets avec douceur, sans être trop brusque, pour créer une adhésion sur le long terme plutôt qu’une conformité à court terme. En tant que scrum master, on a plus de marge pour tester et apprendre rapidement. En tant que transformation manager, on a toujours le droit de se tromper, mais comme l’horizon est plus long, l’impact d’un échec peut être bien plus important. Il faut donc apporter du sens, de la stratégie et de la structure à ce qu’on fait.
[Sonia Jagourel] Y a-t-il des moments marquants ou des réussites dont vous êtes particulièrement fier ?
[Antoine Radiguet] Je suis fier d’avoir rapidement senti que je pouvais être utile à mon équipe pluridisciplinaire. Je me sentais à ma place, et confiant dans ma capacité à apporter quelque chose de personnel et de valeur. Je suis aussi fier d’un projet où j’ai introduit toute une philosophie autour des habitudes lors d’une conférence interne, en en faisant un talk et un moment d’adhésion à cet état d’esprit. Et je suis fier d’avoir été reconnu par d’autres équipes et d’avoir construit des relations solides à travers l’organisation.
[Sonia Jagourel] Qu’est-ce qui vous enthousiasme le plus à apprendre ou à apporter dans ce nouveau rôle ?
[Antoine Radiguet] Les sujets sur lesquels je peux travailler sont beaucoup plus larges que ce que je faisais en tant que scrum master. Mon impact peut être bien plus important, et il y a énormément de sujets que je vais pouvoir explorer. Je suis vraiment enthousiaste pour la suite.
[Sonia Jagourel] En quoi ce changement s’aligne-t-il avec vos objectifs de carrière ?
[Antoine Radiguet] Dans une de mes expériences précédentes, il n’y avait pas de distinction stricte entre coach agile et scrum master, donc je suis naturellement allé vers une posture plus “formateur”, en accompagnant les équipes produit et des équipes d’ingénierie plus larges. J’ai vraiment adoré ce rôle. J’ai aussi travaillé sur le cadrage de projets, ce que j’ai trouvé très motivant. Avec cette mobilité interne, j’ai l’impression de retrouver exactement cette énergie, et c’est précisément la direction vers laquelle je voulais aller.
[Sonia Jagourel] Quel conseil donneriez-vous à des collègues qui envisagent une mobilité interne ?
[Antoine Radiguet] Montrez de quoi vous êtes capables avant même de lancer la conversation. Si je repense à mon passage de développeur à scrum master, je faisais déjà des tâches liées à scrum master alors que j’étais encore dev. Et quand je suis devenu scrum master chez Believe, j’ai naturellement dépassé le périmètre de mon équipe en commençant à réfléchir à l’organisation dans son ensemble. Je me suis intéressé à la façon dont les équipes interagissent, et je n’ai pas hésité à partager mes idées et mes observations avec mon manager, notamment sur le passage à l’échelle de l’agilité dans la tribe. C’est comme ça que j’ai été identifié pour un rôle de transformation manager, et que ça a déclenché ma mobilité. Donc mon conseil est simple : ne vous limitez pas aux lignes de votre fiche de poste. Voyez plus grand !
