

[Charline Godeau] Vous avez commencé comme Talent Acquisition manager tech et vous êtes aujourd’hui Tech Evangelist. Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?
J’ai commencé ma carrière il y a presque dix ans en tant que Talent Acquisition Manager tech, au cœur de l’écosystème French Tech. Au fil des années, j’ai évolué dans des environnements très différents : des scale-ups confrontées à l’hypercroissance et à des turbulences organisationnelles, mais aussi des contextes tech plus établis, engagés dans des démarches de modernisation ou freinés par le poids de l’existant.
Sonia Jagourel
[Sonia Jagourel] Chaque expérience m’a permis de comprendre non seulement comment les équipes se construisent, mais aussi comment la technologie, la culture et la stratégie se redéfinissent en permanence.
Lorsque j’ai rejoint Believe il y a deux ans, c’était pour accompagner un vaste programme de migration cloud et de modernisation technique. Le projet était intellectuellement stimulant et stratégiquement clé, avec une refonte profonde des processus, une vision long terme et une collaboration étroite avec le leadership engineering. J’ai rapidement réalisé que je ne me contentais pas de recruter des talents : je participais à la construction d’une organisation tech plus solide et plus mature, capable de soutenir des transformations ambitieuses.
Tout au long de ce parcours, mon intérêt pour l’intersection entre technologie, culture et créativité n’a cessé de grandir. Je me suis toujours particulièrement intéressée à l’IA, au cloud computing, à l’open source, à la souveraineté numérique et à l’innovation responsable. Mon ambition a toujours été d’aider une organisation tech à résonner, inspirer et contribuer à une industrie plus inclusive, durable et tournée vers l’avenir.
Devenir Tech Evangelist s’est imposé comme une évolution naturelle. Aujourd’hui, mon rôle est d’amplifier la voix de nos équipes Engineering et Product, de mettre en lumière les innovations qui façonnent l’avenir de la musique et de la technologie, et de créer des ponts : entre les personnes, les idées et les communautés. Ma mission est de favoriser le partage de connaissances, de renforcer notre culture tech et d’ouvrir notre expertise à l’écosystème au sens large.
[Charline Godeau] Qu’est-ce qui vous a motivée à saisir cette opportunité ?
[Sonia Jagourel] Ce qui m’a motivée, c’est la possibilité de transformer l’intelligence collective en influence collective. Je voulais occuper un rôle qui permette de faire rayonner le travail exceptionnel de nos équipes à travers des récits inspirants, fédérateurs et porteurs de sens dans l’écosystème tech. Je suis profondément convaincue que lorsqu’une organisation tech assume sa voix et partage ouvertement son savoir, elle contribue non seulement à sa propre croissance, mais aussi à la construction d’une industrie plus consciente, responsable et innovante. Ce rôle était l’espace idéal pour donner du sens, de la visibilité et de l’élan à notre ambition technologique.
[Charline Godeau] Comment s’est passée la transition vers ce nouveau poste ?
[Sonia Jagourel] La transition s’est faite de manière très fluide. J’ai pu avoir des échanges transparents avec mon management, qui a soutenu cette évolution et aidé à structurer le changement de façon cohérente pour toutes les parties. J’avais déjà collaboré à plusieurs reprises avec ma future équipe, ce qui a rendu la transition naturelle, presque évidente. Et de nombreux aspects de mon rôle précédent comme la communication, la relation avec les parties prenantes, la compréhension des enjeux engineering, sont au cœur de mes missions actuelles, ce changement a davantage ressemblé à une continuité qu’à une rupture.
[Charline Godeau] Avec le recul, quels ont été vos plus grands défis et comment les avez-vous surmontés ?
[Sonia Jagourel] L’un des principaux défis a été de m’adapter à un rythme d’impact différent. Le recrutement est rapide : les résultats sont visibles immédiatement, le succès se mesure vite. L’évangélisation s’inscrit dans un temps plus long et plus stratégique ; son impact est culturel, réputationnel, narratif. J’ai dû apprendre à faire confiance à cette accélération plus lente, à reconnaître l’influence même lorsqu’elle n’est pas immédiatement mesurable.
L’autre défi a été d’assumer la visibilité. Devenir une voix pour la tech, en interne comme en externe, demande de la confiance, de la clarté et une certaine vulnérabilité. J’ai surmonté cela en restant très proche des équipes, en sollicitant en permanence des retours, et en ancrant chacune de mes actions dans une admiration sincère pour le travail que livrent chaque jour nos ingénieurs et product managers.
[Charline Godeau] Quelles sont les principales différences entre votre ancien et votre nouveau rôle / équipe ?
[Sonia Jagourel] La différence majeure réside dans la nature de ma contribution. En tant que Talent Acquisition manager, je construisais des équipes ; aujourd’hui, je révèle et valorise ce que ces équipes produisent. Mes interactions sont plus transverses, mon horizon plus stratégique, et mon impact moins lié aux cycles opérationnels qu’à la culture, la visibilité et la communauté. C’est un changement de tempo et d’état d’esprit, mais parfaitement aligné avec mes forces et mes motivations.
[Charline Godeau] Y a-t-il des moments marquants ou des réussites dont vous êtes particulièrement fière ?
[Sonia Jagourel] Il y a déjà eu des moments très forts : voir des ingénieurs gagner en confiance en partageant publiquement leur travail, constater que des initiatives internes suscitent curiosité et échanges, sentir les premiers signes de l’émergence de notre voix tech à l’extérieur. Chacun de ces moments confirme l’importance de ce rôle et renforce ma fierté d’y contribuer.
[Charline Godeau] En quoi ce changement s’inscrit-il dans vos objectifs de carrière ?
[Sonia Jagourel] Il s’inscrit parfaitement dans mon ambition de long terme : évoluer à la croisée de la technologie, de la culture et de l’impact. J’ai toujours voulu connecter les personnes, façonner des récits, accompagner la transformation et rendre accessibles des sujets complexes. Le rôle de Tech Evangelist me permet de faire tout cela tout en restant au plus près du cœur de l’innovation.
[Charline Godeau] Quel conseil donneriez-vous à des collègues qui envisagent une mobilité interne ?
[Sonia Jagourel] Je leur dirais de rester curieux et d’écouter ce qui les anime vraiment. La mobilité interne fonctionne quand on ose exprimer ce qui nous motive, quand on fait confiance au dialogue avec son manager, et quand on reste ouvert à des chemins inattendus. Une carrière est un parcours vivant : parfois, les étapes les plus transformatrices sont celles que l’on n’avait pas prévues, mais qui s’imposent comme une évidence lorsqu’elles se présentent.
